Arnaque aux véhicules inondés

Lors d’inondations, des véhicules immergés sont rachetés à bas prix, séchés à la hâte, maquillés (nettoyages agressifs, moquettes changées, drains percés…) puis revendus comme « propres ». Résultat : pannes électroniques en cascade, corrosion irréversible, sécurité dégradée… et une revente quasi impossible.

Comment l’arnaque fonctionne

  • Récupération de voitures submergées (parfois déclarées VEI/VGE) puis « réparations » cosmétiques rapides : changement de tapis/moquette, polissage, nettoyage vapeur.
  • Masquage des traces : perçages sauvages du plancher pour vidanger l’eau, démontage et séchage sommaire des sièges, remplacement de quelques modules électroniques pour éteindre des voyants.
  • Papiers incomplets ou approximatifs : historique flou, multiples propriétaires en peu de temps, véhicule importé juste après un épisode d’inondations.
  • Vente « opportunité » (prix attractif, urgence) chez certains marchands peu scrupuleux ou via petites annonces.

Risques pour l’acheteur

  • Électronique fragilisée (calculateurs, capteurs airbag/ABS/ESP, faisceaux sous sièges) : pannes intermittentes puis définitives.
  • Corrosion structurelle progressive (planchers, longerons, ancrages de ceintures, rails de sièges).
  • Insécurité : déclenchement airbag imprévisible, freins/ESP défaillants, humidité dans les connecteurs.
  • Perte de valeur : revente très difficile, refus d’assurance ou expertise défavorable si l’immersion est constatée.
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Signaux d’alerte (checklist terrain)

Dans l’habitacle

  • Odeur de moisi / humidité persistante même vitres ouvertes.
  • Moquettes/tapis « trop neufs » ou non conformes à l’usure générale.
  • Traces de limon/sable dans rails de sièges, sous moquettes, dans les vide-poches/charnières.
  • Ceintures : auréoles de boue ou rigidité anormale. Vérifie la base des enrouleurs.
  • Condensation dans phares/feux, buée récurrente, ciel de toit gondolé.
  • Fonctions capricieuses (lève-vitres, fermeture, sièges électriques, capteurs d’occupation) ; voyants qui s’allument à froid/pluie.

À l’extérieur / sous la voiture

  • Perçages « propres » dans le plancher (trous récents pour drainer l’eau) ou bouchons manquants.
  • Boue/sédiments dans la baie de pare-brise, l’évacuation de coffre, autour de la roue de secours.
  • Oxydation prématurée sur visserie, étriers, ancrages de berceau, connecteurs sous caisse.
  • Moteur : filtre à air qui a été mouillé, traces de vase autour de l’alternateur ou des boîtiers électriques.
  • Compartiment de batterie (coffre ou baie) : humidité, oxydation, mousse gorgée d’eau.
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Avant d’acheter : la routine « anti-inondation »

  1. Historique officiel : demande le rapport HistoVec (Ministère de l’Intérieur) : dates de CT, cessions, kilométrage, mentions administratives.
  2. Contrôle technique < 6 mois : utile mais pas suffisant. Lis les défaillances mineures liées à l’oxydation/humidité.
  3. Factures & carnet : traçabilité des entretiens/réparations, cohérence avec le kilométrage.
  4. Inspection longue sur sol sec et à la lumière : soulève moquette au pied conducteur (si possible), vérifie roue de secours, rails de sièges, connecteurs sous siège.
  5. OBD : lecture des défauts (airbag/ABS/ESP). Méfie-toi d’un véhicule où « tout vient d’être effacé ».
  6. Essai sous pluie si possible : apparition de voyants, buée anormale, électroniques capricieuses.
  7. Papiers : certificat de situation administrative (non-gage), correspondance VIN (moteur, baie de pare-brise, étiquettes constructeurs).
  8. Méfiance sur les imports récents depuis une zone sinistrée ou achat « à très bon prix » sans justificatifs solides.
  9. Signature : jamais en espèces, toujours un contrat/cession complet + identité du vendeur.

Si vous avez déjà acheté

Rassemblez des preuves (photos des perçages, traces de limon, diagnostics OBD, devis d’un professionnel mentionnant l’immersion). Faites établir une attestation d’un garagiste ou d’un expert si possible.

Vos leviers juridiques (France)

  • Vice caché (C. civ. art. 1641) : défaut grave antérieur à la vente et non apparent. Demande annulation ou réduction du prix, + frais.
  • Délivrance conforme / obligation d’information (pro) : le professionnel devait signaler le sinistre.
  • Mise en demeure au vendeur avec LRAR : résolution/réparation sous 15 jours, faute de quoi action (conciliation/expertise/tribunal).
  • Signalement DGCCRF (SignalConso) si vendeur pro trompeur.

Modèle express — mise en demeure

« Madame, Monsieur,
À la suite de l’achat du véhicule [marque, modèle, VIN] le [date], des éléments objectifs (photos, devis, diagnostic) révèlent une immersion antérieure : traces de limon, perçages de plancher, corrosion et pannes électroniques.
Ce défaut, antérieur à la vente et non apparent, constitue un vice caché (C. civ. 1641) et un manquement à l’obligation d’information.
Je vous mets en demeure dans un délai de 15 jours de reprendre le véhicule et de rembourser le prix payé (ainsi que les frais) à défaut de quoi j’engagerai les voies de droit (expertise/tribunal).
Veuillez agréer… »

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À retenir (anti-arnaque)

  • Un habitacle trop « refait » et des électroniques capricieuses = drapeau rouge.
  • Regarde sous les moquettes/rails, dans le puits de roue de secours, les phares et les connecteurs.
  • Jamais d’achat sans HistoVec, CT récent, factures, lecture OBD et essai complet.
  • Perçages de plancher = indice typique de vidange d’eau.